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Un aperçu de la vie d’une frenchie dans l’océan arctique

Bonjour à tous,


Je m’appelle Anaïs Aubert et, dans le cadre de mon année de master 2 (soit la maîtrise au Québec) en biologie marine à Brest en France, j’effectue un stage de 6 mois à l’Université de Laval à Québec sur le zooplancton arctique. Je suis ingénieur en environnement et agriculture à la base et j’ai toujours eu une forte attirance pour l’étude de la faune marine. Lors de ma recherche de stage, j’ai eu la chance d’avoir une proposition incluant une période d’échantillonnage dans l’Arctique ,sur l’Amundsen, le brise glace canadien. Je n’ai pas hésité une seule seconde, comment aurais je pu passer à coté d’une expérience aussi exceptionnelle que celle-ci !? Me voila donc embarquée dans ce fabuleux périple dont en voici quelques brides.

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Après en trajet en plusieurs étapes, soit Québec – Winnipeg- Yellowknife - Inuvik, j’ai survolé une partie de l’océan arctique avec un twin-otter, un petit avion qui permet de bien visualiser le paysage survolé. Autant dire que tout ce que j’ai pu voir de las haut était blanc !






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Juste avant notre arrivée, j’ai pu apercevoir l’Amundsen, égal aux photos que j’avais pu voir auparavant. L’atterrissage sur la banquise avec le twin otter est plutôt sportif, je n’aurais jamais fait autant d’atterrissage en si peu de temps depuis mon départ de France (7 en trois semaines ! c’est pas très développement durable me direz vous mais c’est le seul moyen de se rendre sur la banquise !).



Dès les premiers jours, j’ai pu me rendre sur la banquise dans le cadre de l’échantillonnage du laboratoire auquel je suis rattachée. Je travaille sur un projet concernant la petite fraction de taille du zooplancton. Je dois déterminer ces espèces et comment évolue leur présence au sein de la colonne d’eau au cours du temps. Les espèces que j’étudie sont des petits copépodes qui sont à la limite du visible à l’œil nu. Ils mesurent de 0,05 mm à 4 mm. Leur étude est primordiale car ils représentent une composante importante au sein de l’écosystème marin en tant que proies pour les poissons. Ils peuvent également assimiler une portion importante de la production de phytoplancton, à la base de la chaîne alimentaire en milieu marin. Pour vous donner une idée, voici ci-dessous une photo d’un Calanus hyperboreus, l’un des plus gros copépode rencontré.

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Le travail d’échantillonnage sur la banquise consiste à creuser un trou d’environ un mètre sur un mètre dans la glace et d’y plonger un filet à plancton. Pour l’instant nous entretenons un trou déjà réalisé par l’équipe que nous avons remplacée car le brise-glace est immobile pour le moment. Néanmoins notre position évolue puisque nous dérivons en même temps que la banquise. Pour chaque sortie un équipement spécifique est requis. On a vraiment très chaud au départ avec toutes les multiples couches de vêtements lorsque l’on est sur le bateau ! C’est cependant vraiment indispensable car il fait généralement dehors -30°C au minimum, si ce n’est pas jusqu’à -70°C !
Pour se réchauffer rien de telle que de participer activement à l’échantillonnage, surtout rembobiner la corde de 250 mètres qui a permis de descendre le filet !

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Lorsque l’on ne travaille pas sur la banquise, on échantillonne à partir du Moonpool (puit de lancement) qui se trouve dans le bateau. On utilise dans ce cas, deux types d’appareils : un Hydrobios et un Tucker. L’Hydrobios est composé de 9 filets qui permettent d’échantillonner la colonne d’eau en plusieurs fractions (de 330 à 300 mètres puis de 300 à 200 mètres par exemple et ainsi de suite). Le Tucker, beaucoup plus simple est composé d’un seul filet qui échantillonne la totalité de la colonne d’eau en une seule fois. Il permet également de récupérer des organismes vivants pour les expériences de production d’œufs et de respiration.


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L’hydrobios en train de sortir du Moon pool

Le travail de laboratoire, qui suit la collecte, est assez varié à bord du navire. Une des activités consiste à récupérer les copépodes avec un tamis puis de les conserver dans des fioles avec du formaldéhyde (formol). Une partie de ces échantillons seront par la suite analysés taxonomiquement au laboratoire de l’université Laval. Des organismes vivants sont également sélectionnés pour des mesures de production d’œufs et de respiration in situ. Concernant mon projet, je passe la majeure partie de mon temps sous la loupe binoculaire à identifier les copépodes de petite taille. La détermination d’un copépode se base essentiellement sur sa taille et des caractéristiques propres à l’espèce.

Concernant les évènements un peu exceptionnels de la vie sur le brise-glace, je dois citer que nous avons vu deux ours polaires !!! Nous avons été extrêmement chanceux car ils n’avaient pas été observés depuis 3 mois à partir du navire! Néanmoins pas de photos à vous proposer. En effet, nous les avons observé avec des jumelles et ils paraissaient comme deux petites tâches jaunes au loin dans l’immensité blanche. C’était une mère avec son jeune de l’année dernière.
La chance est aussi de notre coté car lors d’une dernière sortie sur la banquise, un oiseau s’est posé près de notre trou ! Nous avons également eu la visite d’un phoque, durant une nuit, dans le Moon pool !


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Lorsque l’on ne travaille pas (c’est rare), le bateau est en endroit agréable où je ne risque pas de m’ennuyer !

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